Coïncidences décalées.

Coïncidences décalées.
Coïncidences décalées.


« J'aurais aimé te connaître. J'aurais aimé tant de choses, à partir de là.
T'aimer,
Te serrer dans mes bras,
M'asseoir sur tes genoux,
T'écouter me lire des histoires,
Te parler de cap et d'épées,
Apprendre avec toi,
Nourrir mon monde
...
Tout à un point, mais j'aurais voulu ne jamais le poser, et te conter une éternité. Toi, l'être éternel. Dors paisiblement dans ton infinité. »

Tom fixe son âme sur la tombe échouée en face de lui, relisant ces lettres, déchirant son c½ur une énième fois. Il lâche son emprise, ses mains s'enterrent dans ses cheveux, il balance sa tête de gauche à droite, et stoppe ce mouvement incessant, laissant glisser son visage entre ses genoux soigneusement replié contre son torse. Ses larmes dévalent ses joues, il les chasse d'un revers de main, puis abandonne, ordonnant à son corps de tout déballer.

« Grand père ». Cri perçant, qui fit virevolter les oiseaux ici et là dans un battement d'ailes sonore, puis le doux silence du cimetière se réinstalla.

Tom caresse la terre toujours fraîche du bout de ses doigts, puis exécute une forte pression de ses paumes pour se relever. Il remet en place son pantalon, retirant toute traces de saleté capable de s'incruster dans le futur ce qui mettrait sa mère en rage. Il regarde en l'air, essayant d'apercevoir des bribes du ciel parmi ce feuillage démesuré. Les rayons lumineux traversent cette arborescence, pour s'écraser au milieu du jardin mortuaire, l'éclairant de vitalité. Il oublie le bleu, et contemple ce paysage, ne l'empêchant pas d'enlacer son c½ur tendrement, le réconfortant.

Il soupir un long instant, et reprend le cours de son quotidien, sa mère risque de lui en vouloir s'il rentre en retard sans aucune raison valable. Il n'aura jamais la force de lui dire qu'il les a retrouvés, qu'il la retrouvée, sa famille. Cette partie de lui qui lui a toujours été absente, et qu'il a tant recherchée. Tous ces être sacrés par lien de sang, auxquels il est relié. Tout ce qu'elle lui a toujours cachée, son père, ses tantes, ses oncles, cousins, cousines, grand-mère et son grand père.

Juste une histoire de coïncidence, une rencontre fortuite grâce ses nouveaux multimédias, un lien d'internet, le connectant à sa cousine, l'entraînant vers son monde tant voulu. Il se souvient de ses doigts tapant sur le clavier aussi vite que possible, enchaînant les questions, épousant les réponses dans son âme. Il se rappelle la chamade de son corps, ses palpitations, sa respiration presque saccadée. Ce jour là, il s'est redécouvert, retrouvé. Explosion d'une joie intense. Noirceur de ce décès, du contraste trop intense de sa malheureuse vie.

Il marche, intensifiant son regard sur la sortie, d'où émerge la plus forte lumière, comme le bout du tunnel. Comme le bout du tunnel... Seuls les vivants quittent ce cimetière, aimanté par cette luminosité, le reste s'en est éloigné.
Il ne se retourne pas, fixant son horizon tel un pantin, de peur de faire demi tour, de s'enliser dans ce lieu, de le pleurer éternellement, cet inconnu.
Encore quelques mètre avant de franchir la grille, et de la ronde du monde des vivants. Il bloque sa respiration, il a l'impression d'imploser, de sentir une multitude d'aiguilles lui déchirer le corps, de se détruire de l'intérieur. Il s'arrête près de l'imposante masse noire, s'appuie sur le mur à sa droite, et reprend son souffle, haletant et vacillant légèrement.

« Hey ça va ? » demande un jeune homme, inquiet.
« Oui, oui très bien » répond Tom, levant les yeux sur son interlocuteur. Il perd le contrôle, et retrace chacun de ses traits, les imprimant au fur et à mesure de son cheminement. Ses cheveux ébènes volent sous les caresses du vent, celui-ci déposant milles particules caramélisées dans l'air, chatouillant les sens de Tom. Accoudé au mur, dans une position plus que sensuelle, le corps légèrement cambré, accordant à son tee-shirt une fugue, laissant apercevoir un tatouage sur le creux de ses hanches.
« T'es sur ? » renchérit-il, obligeant Tom à le regarder dans les yeux, perdant alors tout contact avec le reste de son corps.
« Oui, je te dis. »
« Tu veux qu'on discute ? On peut boire un verre si tu as envie. »

Tom accepte la proposition, encore confus de la situation, mitigé entre son chagrin et cette perfection démesurée.

Assis sur une banquette du bar le plus proche, le brun commande un chocolat chaud, ce qui surpris le serveur, en vue de la chaleur saisonnière. Tom se contente d'une limonade bien fraîche, pour calmer son tempérament.
La discussion s'entama, les langues se délièrent, une confiance prenant place remplaçant l'anxiété perceptible au tout début. Chacun en apprit sur l'autre, avide de connaissance, désireux de l'autrui.
L'inconnu se prénommait Bill, et traînait souvent dans le quartier depuis la mort de sa grand-mère récemment. Il venait la voir chaque jours, dès que le temps le lui permettait. Cela remontait à une semaine à peine, une mort digne, nulle douleur juste un repos éternel qui s'était épris d'elle.
Bill avait laissé s'effondrer quelques larmes, incitant Tom à les lui détruire, posant sa main contre la joue mouillée de l'androgyne. Le silence pris place, chargeant l'atmosphère.

Quelques minutes plus tard, Tom caressait le corps de Bill, s'emparant de ses lèvres. Leurs deux êtres s'enlaçant dans une étreinte parfaite. Leurs soupirs se mêlant, leurs cris s'entrecroisant, leurs rythmes cardiaques similaires battant l'un contre l'autre.
Symbiose.

Ils s'endorment collés en plein après midi, de peur de perdre cet instant, s'enivrant encore et encore de ce bonheur, bien trop éphémère à leur goût.

Ils se réveillèrent dans les bras de l'autre, comme tous les matins, depuis ce qui ressemble à une éternité.

Laisser une âme pour une autre, pourvu que le cycle d'un être continue de tourner.

# Posté le mercredi 01 avril 2009 11:19

...

I will never believe in anything again



J'ai envie de gerber tellement j'ai mal. Mal à l'intérieur, à mon c½ur enfermé, comprimé, dans cet être. Il voudrait s'échapper. Il faut le comprendre, je suis détestable.
Je suis détestable. Incomprise, et incompréhensible. Je me suis moi-même perdue, à ne plus rien comprendre. Comprendre, savoir...

Je ne sais rien, je ne sais plus. Je n'y comprends rien. J'ai envie de pleurer tellement j'ai mal. Mais là, je n'en ai pas le droit, une barrière qui m'en empêche. Cela restera un cri sourd, inaudible, qui résonne dans ma tête. Pourtant ce soir je ne pleurerais pas non plus, je n'en aurais plus l'envie, ou la force. Laissé son âme oublier, et s'extasier avec autre chose, une addiction quelconque. J'additionne les addictions. Je me détruis à ma façon, ni plus, ni moins.

Et puis j'ai peur aussi. De vous à moi, le monde m'effraie. Je ne tourne plus avec lui, on m'a laissé sur le bord. Sensation étrange. Être là, regardé les gens, les voir vivre, et ne plus jouer avec eux. Vouloir rentrer dans la ronde, encore une fois.
Impression d'illusion, d'irréalité, d'appartenir à un autre monde. Et avoir sur le dos la plaie de l'erreur, de la faute, qui les arrange tous.

Mon ange, je te déteste de me laisser ainsi. Après tout, je dois l'avoir mérité ?


________________________________________________


Sommes nous les jouets du destin?



Protect me from what I want. Protège moi de moi, surtout. J'ai peur de moi. Si tu savais comme j'ai peur. Mon c½ur s'enfonce, il se terre, enfermé dans son espace incertain, prêt à exploser. Si tu savais comme tout mon intérieur veut sortir, sortir de moi, de mon corps. J'aimerai que ces explosions de battements soient entrelacées entre tes doigts, que tu les serres doucement, les réchauffant de ton bonheur de vivre. J'aimerais, tu sais...

Il parait que c'est de ma faute. Non, c'est de ma faute, nuance. J'ai finis par m'en rendre compte, comprendre. Je suis dans un cercle vicieux, et je viens à l'instant d'apercevoir les chaînes qui se renferment sur moi. Je suis emprisonnée. Je voudrais me libérer, pour toi, mais j'ai perdue pied, lâché prise, abandonner. Tu vois, même ça, c'est encore ma faute. Je suis trop faible, pardonne moi.

Comment j'en suis arrivée là ? C'est le dernier mystère, la clé de tout peut être, je ne veux pas savoir, je ne veux pas chercher, je n'ai plus de forces. Je suis cassée. Laissée sur le pavé, vulgairement.
Puis tout s'est enchaîné, vite, trop vite, beaucoup trop vite. J'ai enduré, j'ai pris sur moi, j'ai accepté les erreurs, je les ai accumulé. Je me suis perdue, peu à peu. Je ne t'ai rien dis, je ne le savais pas moi-même. Tu sais toi ce que ça fait d'être perdus ? Non tu ne sais pas mon bel ange, je ne veux pas que tu le saches, jamais.
Alors j'ai continué d'avancer dans ma perdition ignorée, j'ai encaisser mes propres fautes sans vraiment en comprendre la raison, personne ne m'a pardonné, j'ai jouer le pushing-ball, le souffre douleur. Je suis née pour ça, à force de me taire, les gens l'ont bien compris. J'ai finis par prendre sur mon échine, celles des autres, sans avoir envie de me justifier, de dire non. Je me suis laissée faire, j'ai abandonné l'idée du pardon.
J'ai quitté la marelle, je suis sortie du jeu, les gens tournaient sans moi. Je les ai regardé. Je t'ai regardé, tu es beau tu sais, quand tu vis. Moi je ne ressemble plus à rien, je ne vis plus.

Je suis morte ce soir, la souffrance à ses limites, que j'ai su dépasser.


________________________________________________


Patin désarticulé



Laisser son être crever au détour d'un rêve déchu. Vendre son âme à l'abandon, et continuer de déverser le liquide humide de son corps. Sentir une multitude d'aiguilles vous déchirer le c½ur. Rencontrer l'envie de tout cracher à la rencontre d'une peur et d'un délaissement.

La regarder, et la détester.

J'aimerais juste que tu te prennes en pleine gueule ce que je ressens, qu'on inverses les rôles pour une fois. Tu souffres, t'as mal ? Ca m'est égal. Je n'ai pas à être ton souffre douleur, ton réconfort moral à tes douleurs, ta tristesse. Tu t'es tuée toute seule, et tu m'emportes dans ton flot mortuaire. Je ne t'ai rien demandé, je ne t'ai pas voulu. Et toi tu m'as voulu ? Tu ne pourrais même plus répondre à cette question, tu ne te l'as jamais posée. Peut être m'as-tu aimé un jour, la révolution en a changé la donne, je ne suis qu'un besoin. Souffrance insatiable, qu'y t'étouffes, avec laquelle tu me laisserais mourir, pour ta peau.

Je suis ta fille, pas un jouet du destin, ni un pantin inanimé.

# Posté le mercredi 01 avril 2009 11:10

Éphémère

Éphémère



Déclamer ses dernières pensées, ternir cette feuille d'une blancheur parfaite, insuffler au monde son ultime soupir.
Caresser du bout de mes rêves nos souvenirs, effacer ces sentiments sublimés par ton étincellement, laisser les émotions humaines derrière moi.

T'offrir la fin de ma vie.


Caresser nos souvenirs.


Cheveux ébènes volant au vent, yeux charbonneux contemplant l'humanité, perdus dans ce surplus de jovialité. Ces lèvres rosées, s'étirant peu à peu, modelant ton sourire, manipulant les battements de mon c½ur. Ton regard planté dans le mien, dans cette insuffisance de soi, cette injustice indignante. Une éternité infinie.

Riant à t'en déboîter la mâchoire, allongé sur le sol sableux, en pleine nuit embrasée. Un ciel pailleté d'étoiles, miroitant dans tes yeux chocolat. Chocolat doré. A tes côtés, t'observant l'½il en coin, perdant le sens de tes paroles et de ton éclat de rire, embrassant ton image au creux de mon être. Un instant irréel, inexistant, puis toi penché au dessus de mon corps, ta bouche vermeille enlacée à la mienne. Une éternité infinie.


Si tu savais comme je t'aime, Ange de ma Vie. Tes ailes ne se briseront jamais, mais laisse moi m'envoler pour toi.
L'Ange de la Mort m'attend, depuis longtemps, depuis toujours. On se contente de repousser l'échéance.

Tu le savais, dès ton premier regard, toi vivant, dans ce paradis extérieur, moi déjà morte, enfermée dans cette chambre d'hôpital.
Tu le savais, lorsque pour la première fois tes lèvres framboisées ont effleurées les miennes, bleuies par le froid et la fatigue.


Bill, pardonne moi. L'Enfer l'à emporter, et la Vie à lâché prise. Un combat perdus d'avance.
La mort nous rattrape, divinité supérieure à l'Homme.

Tu m'as appris à vivre, parce que je t'aime.

Je laisse battre mon c½ur ses derniers instants, au chant de ta voix me susurrant ces trois mots.

Ton étoile.


Amour. Maladie. Mots si mal entrecroisés.

# Posté le mercredi 01 avril 2009 10:51